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RANDONNEES BOTANIQUES

Tempête de ciel bleu sur les Encantats !!!
ou comment marcher 5 jours à raquette sans se passer de la luge-pelle*

* spéciale dédicace à Jeannot, l'accompagnateur, yo 

Du 5 au 10 mars 2000

Avec Marie-Christine, Bruno, Christian, suiveurs, figurants, effets spéciaux.

Réalisation, production : Jeannot premier, roi des Pyrénées.

 

Dimanche 5 mars :

A Lourdes, le miracle a lieu à 10 heures tocantes, les larrons se découvrent sur le parking de la gare avec la ferme intention de s'engager dans l'aventure et en route vers la gloire et les Encantats. Passage de la frontière sans réactions hostiles de la part des indigènes, ni des douaniers. Pique-nique au pied d'une fontaine de village, le café est pris dans un troquet, dernier contact avec la civilisation.

Sous le soleil catalan.

Après avoir erré dans la station de Arties, nous trouvons enfin la voie enneigée qui nous mène près d'une carrière. A Viella, 14 heures 30, c'est le largage avec sacs, raquettes, bâtons et... luges-pelles, sorte de poêles à frire en plastique que nous accrochons consciencieusement au dos de notre sac. Qui vivra, verra ! Nous fixons autour de la taille le fameux ARVA, ce bip qui permettra à Jeannot, après quelques heures de recherche, de nous retrouver en cas d'avalanche ; c'est d'autant plus rassurant qu'il faut une pratique intensive de la musculation pour se défaire de l'engin. Première mise en jambes en raquettes, après Salardu, Baqueira, nous atteignons sans encombres vers 18 heures 30 le refuge Saboredo (2320 ni).

Nous sommes le seul groupe accueilli ce soir-là à Saboredo, petit refuge de montagne enfoncé dans la neige, l'entrée a été dégagée à la pelle. Pour les toilettes, il faut sortir et rejoindre une petite bêche suspendue à une branche de pin à crochets et faire à son goût un trou dans la neige... Ce refuge est tenu par un couple. Pendant que les chaussettes mouillées essaient de sécher devant le seul mais faiblard chauffage au gaz, nous dégustons un apéritif, l'incontournable Moscatel.

 

Menu du soir, espoir :

Soupe à l'ail

Salade mixte

Saucisse aux pois chiches

Pêches au sirop

Sans oublier la bouteille de rouge

 

Alors que nous discutons assis à la table de cantine, la lumière s'éteint et se rallume : le gardien vient nous prévenir qu'il est 22 heures passées et qu'il est temps de prendre un repos bien mérité.

Lundi 6 mars :

Sous le soleil catalan.

Lever à 8 heures, premières prises de vues photo : versant après versant, la montagne s'illumine. Fraîcheur, silence et sérénité. Photo de famille sur un banc devant le refuge. 9 heures 30, nos raquettes crissent dans la neige, direction Lac Majeur, Saboredo, puis traversée du Lac Glacé avec la distance réglementaire de 10 ni entre chaque randonneur. Montée difficile du Col du Lac Glacé (2587 ni). Après une halte bien méritée, nous continuons la progression sur une voie de crête, dur, dur, surtout pour Christian, le Génie des Pentes Enneigées l'a abandonné.

Petit arrêt, puis nous poursuivons sans raquettes, ni bâtons à travers les rochers jusqu'au sommet du Pic Amitges (2851 m). Nous pique-niquons heureux comme des bouddhas au nirvana avec vue panoramique circulaire sur les Pyrénées : à portée d'yeux, le Pic d'Aneto et son glacier blanc, le pic de Poset... Retour par la même voie, pause : ah le café chaud de Bruno à 2600 m d'altitude ! *

Ca plane pour nous, ça plane pour nous

nous, nous, nous, nous, hou, hou, hou, hou...

Nous chaussons les raquettes et commençons sous la houlette de Jeannot nos premières et timides descentes en luges-pelles. Que se soit dit, sans embrouilles ! Après les cascades de descentes, nous traversons gentiment le lac Amitges pour atteindre à 17 heures le refuge Amitges (2-Î8O m), belle bâtisse avec terrasse, Rolls Royce des Encantats. Nous préférons la rustique beauté de Saboredo, le refuge d'hier, mais ne crachons pas dans la soupe même si elle sera aux pâtes ce soir !

Tandis que chaussettes et linges mouillés séchaient autour du foyer de la cantine, nous développons (et oui !), Moscatel à l'appui, nos thèses les plus pertinentes. Les belles montées de la journée ne pouvaient donner lieu qu'à de superbes descentes au gros rouge espagnol (que ce dernier soit loué mais pas trop cher

Menu du soir, est-ce poire ?

Outre la soupe dont nous avons parlé

Salade mixte comme notre groupe

Ragoût de mouton aux patates

Pêche au sirop et... poire au vin.

 

Enfin, dans un dortoir largement occupé, nous nous endormons tous (ou presque) comme des loirs et de se souvenir du fantastique silence de la montagne en hiver.

Mardi 7 mars :

Sous le soleil catalan encore.

 

Le réveil de notre accompagnateur à tous est plutôt barbouillé, la matinée se déroulera pour lui selon les mêmes perspectives. Il dit rien et supporte stoïquement la situation. Nous nous préparons tranquillement ; de la terrasse de ce refuge trois étoiles, nous découvrons au lever du soleil les deux aiguilles des Encantats et devant le chalet quelques masses rocheuses entourées de pins à crochets torturés par le gel et le vent. Les jeunes qui tiennent le refuge sont sympas et plaisantent en espagnol et aussi en français. Départ à 10 heures, de 2380 m nous passons par le Lac Barbs et le Lac Port de la Ratera (2580 m), ensuite c'est l'ascension du Tuc de la Ratera (2862 m).

Au sommet, le panorama est magnifique : un plateau enneigé en face, les Encantats sur la gauche et de l'autre côté le massif de l'Anéto. Un voile nuageux apparaît en fond. Après la pause casse-croûte, vient la pose photographique en délire. Puis Jeannot nous propose de dévaler en luge-pelle une pente à 40 %, notre perplexité dépasse largement ce pourcentage. Et joignant l'acte à la parole, Jeannot se lance pour disparaître dans le désert neigeux. Il nous attend enthousiaste en bas et nous encourage. Bruno, un vrai pro, a pris goût à la vitesse.

Ne pas perdre ses bâtons, ne pas perdre ses bâtons, voilà une obsession ! Christian a compris le message de notre chef à tous et, en dévalant, à la première rupture de pente, il décolle et part en roulades de côté. Résultat: il doit remonter quelques mètres pour récupérer ses fameux bâtons. Il descend et, oh rage, oh désespoir, sa luge-pelle trône sur la première partie de la pente ! ... Elle sera perdue corps et biens, pas Marie Christine mais la luge-pelle !

A droite, Marie-Christine s'acharne à retrouver ses bâtons égarés à mi-pente lors d'un numéro de voltige non prévu dans le manuel du parfait randonneur ; l'équipe l'a convaincu de renoncer à retrouver toute seule son matériel. Les efforts de Jeannot et Bruno sont récompensés, ils ramènent les objets convoités. Paix et sérénité reviennent dans le cercle amical. Après ces péripéties, le groupe longe une enfilade de lacs, le Lac Obago, le Lac Rodon, le Lac Long. Sous le voile nuageux, nous apercevons au fond d'une vallée encaissée le lac, le barrage et le refuge Colomers (2080 ni). Arrivée à 18 heures 30.

Ici rituel habituel, essayer de faire sécher ses chaussettes, ses chaussures,... sans feu, choisir une couchette et, ce soir, prendre l'apéro en compagnie de randonneurs anglais (les indigènes préférés de Bruno, notre chasseur de têtes émérite, surtout le crâne qui venait tout droit d"Oxford !). Il y a du monde, et du beau monde à Colomers. Jeannot s'est trouvé un petit boxe où il pourra récupérer la mauvaise nuit précédente.

Menu du soir, c'est la pêche !

Soupe aux vermicelles

Salade mixte aux olives

Saucisses et haricots à l'ail

Et au sirop la pêche !

 

La pêche, on va essayer de la retrouver, en dormant comme Jeannot qui nous a quittés plus tôt. Mais, pour la plupart, l'endormissement sera tardif : notre dortoir est sur une zone de passage où les couches-tards échelonnent leurs arrivées.

Mercredi 8 Mars :

Sous le soleil catalan.

 

Parlons maintenant des toilettes de Colomers : pour accéder à ce cabinet des curiosités, le visiteur doit descendre un escalier escarpé, tendre une chacine pour chasser l'intrus mais pas les mauvaises odeurs ! Ensuite, il atteint le trône qui prend le lac de haut. Par un conduit qu'un tuyau arrose, il perçoit l'étendu des dégâts : il n'y a pas que les poulets qu'on nourrit avec des boues d'épuration, certaines truites de montagne aussi

 

Toujours sous le soleil catalan.

 

Après un décrassage à l'extérieur du refuge, torse nu et à l'eau froide pour certains, les préparatifs de randonnée vont bon train, Les groupes s'activent de bonne humeur tandis que les accompagnateurs devisent sur leurs circuits. Miracle aux Encantats, Marie- Christine retrouve des lunettes de soleil ! Des chaussures sèchent une ultime fois au vent et au soleil... 10 heures, c'est le départ, nous quittons le Lac Majeur et ses 2080 mètres pour rejoindre et traverser le Lac Port Caldes. De là, nous nous envolons au pas de montagnard, un rythme d'horloge (un, j'appuie, deux, un, j'appuie, deux,... ) jusqu'au Col Port Caldes (2550 ni) sans essoufflement particulier.

Au beau milieu de la pause, un gypaète barbu, de la famille des vautours, plane au-dessus de nos têtes. Aussitôt, Bruno braque son 300 mm pour mitrailler ... photographiquement l'objet de notre attention, reconnaissable, nous dit Jeannot, à sa queue en forme de losange et son ventre fauve. Mais le volatile a disparu.

Nous gravissons la pointe à côté (2598 m), histoire de bénéficier d'un panorama mais surtout de profiter du plaisir de la glisse en luge-pelle. Succession de descentes sans freins, plaisir confirmé. Halte casse-croûte dans une vallée prés du Lac Magada. Nous goûtons au principe des 4 S : Soleil, Satisfaction ( I can't get no... ), Silence, Sérénité. Ah le café tiède de Bruno, le mieux équipé des randonneurs ! Le périple se poursuit le long du Lac Monges, puis nous accédons au Col Crestada (2465 ni), enfin descente vers le Lac Cap des Ports et arrivée au refuge Restanca (20 1 0 ni) encore un peu ensoleillé à 1 8 heures.

Etalage à l'air libre de linges, chaussettes et autres accessoires car nous trempons du bas. La fraîche arrivant, repli et re-étalage sur des treillis dans un couloir où un petit séchoir sera mis en marche la nuit. Jeannot apprécie le gardien de ce refuge qui offre une bière à l'arrivée de chaque accompagnateur. Ce soir, l'apéritif est au vin chaud. Nous apprécions ce dernier, froid mais en y ajoutant de l'eau vu qu'il décape. La fatigue se fait sentir, la faim aussi.

Menu du soir, espoir :

Soupe au fromage

Gratiné de pâtes

Tranche de porc aux champignons

Yaourt grand format

 

Une pièce de huit lits pour nous seuls, deux personnes en haut, deux autres en bas, c'est le Pérou ! Vers 22 heures, nous nous endormons comme des ours en hibernation. Et de se rappeler dans la neige éclatante des traces de renard ou de lagopède.

Jeudi 9 mars :

Sous le soleil catalan, of course.

La prochaine course sera d'ailleurs en boucle. Auparavant, nous devons passer par le séchoir où les odeurs de sueur, de pieds nous montrent jusqu'à quelles extrémités des randonneurs à skis ou en raquettes peuvent aller. Comme quoi tous les sports ne sont pas sponsorisés par des marques de parfum ! A part ça, nos peaux ont pris le soleil, il y a sur les visages et les cous des rougeurs qui ne trompent pas.

Avec les chaussures à peu près sèches et un sac à dos allégé, nous traversons le barrage de Restanca et nous chaussons les raquettes. Montée d'une croupe, arrivée aux Costes de Mar au pas de montagnard. Nous avons atteint 300 mètres de dénivelé en une heure, selon les calculs de Jeannot. Nous prenons un premier sandwich, puis progression vers la crête du Grinches de Rius (à côté du Tossau de Mar -2600 m-). Nous nous adonnons aux joies de la glissade.

Dans la neige fondante au soleil, ascension difficile pour atteindre le col entre le Petit et le Grand Tossau. Nous montons lentement, Jeannot est obligé de façonner les marches. Deuxième arrêt pique-nique dans les rochers. Sans les raquettes, nous nous engageons dans un passage à escalader, dur, dur pour Bruno ! Après avoir contourné une masse rocheuse,

Ya pas d'arrangement y a pas d'arrangement ya pas,ya pas...

nous reprenons pied avec la neige. Ainsi dans notre élément naturel, descentes à donf avec Marie-Christine comme égérie. Elle fait la trace, elle fera la trace, coûte que coûte, que ça avance ou que ça n'avance pas ! D'en bas, elle n'entend pas les injonctions de Jeannot qui lui dit avec l'accent : relève-toi, relève-toi !

Nous le savions, Marie-Christine est tenace, elle ira jusqu'au bout. En haut, nous sommes pliés... de rire. L'après-midi de glissade se termine par un arrêt près d'un torrent où nous prenons de l'eau fraîche dans les gourdes. Les pieds trempés, nous traversons une vallée en sautant avec les raquettes, en enfonçant comme des pieux dans la neige. Le pied quoi ! Pour terminer, une remontée au train, seulement 130 m de dénivelé et encore, nous déclare Jeannot. Arrivés à Restanca, nous baignons complètement du bas ; nous nous retrouvons, une fois changés, devant un verre de vin chaud. Il est 18 heures 30.

Repas du soir, espoir :

Soupe aux pâtes, légumes et viandes

Riz à l'espagnol

Cuisse de poulet et patates à l'huile 

Yaourt fruité.

Aux alentours de 22 heures, la fatigue aidant, l'équipe s'enfonce dans un sommeil de marmotte en hibernation.

Vendredi 10 mars :

Sous le soleil catalan, itou.

Surprise du matin n'arrête pas le pèlerin. Le gardien a oublié de mettre en route le séchoir, bien qu'égoutées, les chaussures restent humides, nous reculons l'échéance : faut-il vraiment mettre des chaussettes sèches dans des chaussures mouillées ? Nous n'avons pas le choix.

Traversée du barrage, chacun s'équipe, Christian y renonce, il a perdu ses lunettes de soleil. Retour au pas de course au refuge pour ne rien trouver. Après ce faux-départ, la colonne s'ébranle, il est 10 heures 30. L'aventure continue, pour une descente sportive faite de sauts au-dessus de, branches ou de ruisseaux. Dur, dur pour Marie-Christine ! ... Les fixations des raquettes de Jeannot ne tiennent plus le rythme : elles dégrafent, elles dégrafent ! Parfois,

on s'essaie dans une petite pente à prendre la position du skieur, toujours sur nos raquettes ou alors sur les fesses. Les raquettes sont enlevées, nous martelons d'un pas décidé le chemin final et glacé. Nous retrouvons la voiture et nous nous changeons.

Vers 13 heures, nous pénétrons dans le bar- restaurant Urtau, village d'Arties, Val d'Aran. Nous passons devant un buffet de tapas impressionnant ; dans une salle donnant sur une pergola, nous trinquons, un verre de Moscatel à la main. Jeannot rassemble les factures et compte les pesetas restantes : Marie-Christine sauve la mise et commande une bouteille de Rioja. Nous allons choisir des tapas... Dernier repas, dernier souvenir. Pas tout à fait, citons seulement le retour à Lourdes sous les mélodies du révérend père Paul Mac Cartney, exBeatles de son état.

 

Merci Jeannot ! Hasta la vista

Epilogue :

Christian a réussi à entraîner Bruno jusqu'à la Basilique et la Grotte de Lourdes, peu fréquentées à cette période. Mais tant de bondieuseries les a laissés tous les deux vénères . Heureusement la blancheur des Encantats est une bénédiction, n'est-il pas vieux garçon !

Samedi 11 mars, dans le TGV de nuit en direction de Paris : alors que nous dormons Bruno et moi, chacun recroquevillé sur deux sièges, je me suis mis a rêver. Je m'apprête à exécuter une descente en luge-pelle, pas en sac plastique, quand un ours brun me tapote l'épaule droite en m'interpellant : Tu ne s'rais pas un peu fêlé, toi Ch'ais pas, j'ai répondu, faut demander à Jeannot ! Et de m'élancer dans la pente en criant comme Marie-Christine, youpi-iiiiii !

 

Christian, dit le norvégien.

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