Une semaine dans le pays basque,

contrée où il fait toujours beau, paraît-il ? !

Ecrit par Dominique…

 

 

PROLOGUE

Native de Bretagne, ce n’est pas sans appréhension qu’un certain jour de juin 2002 je me décidai à m’inscrire pour une semaine de randonnée dans les Pyrénées… A l’origine, j’avais choisi plus aisé : un niveau à " 2 chaussures " me semblait très raisonnable pour un premier périple où nous enchaînions les jours de marche et les dénivelés… Vivant en permanence au niveau de la mer, les hauteurs pyrénéennes m’impressionnaient quelque peu, sans compter la crainte de me retrouver avec des accrocs forcenés de la marche en montagne… Mais voilà, l’imprévu sonna un jour de mi-juin en ma demeure : le programme que je m’étais initialement choisi ne partait pas, faute de participants… Aïe, aïe, aïe ! ! ! Cependant, il existait 2 alternatives : soit du côté " Méditérrannée ", soit du côté " Atlantique "… Bon, bon, bon… Qu’allais-je faire ? C’est que tout cela perturbait la quiétude de mes projets… 24 h 00 de réflexion à me turlupiner l’esprit : suis-je capable ? Mes genoux vont-ils tenir ? 8 à 10 heures de marche ?… Et tralalala, et tralalala…Mais de nature à aimer les défis, je me suis lancée… Que l’aventure soit l’aventure… Inscrivons-nous sur la grande première de Natura : " La grande traversée Ouest-Est des Pyrénées ".

Et à vrai dire : aucun regret…

Si vous voulez un petit aperçu du truc, suivez-moi… Je vais tenter de retranscrire mon périple d’une semaine, par monts et par vaux, au gré des divagations de notre accompagnateur " le Jeannot des Pyrénées "…

Alors, bienvenus dans le monde enchanté, non pas de Mickey, mais bien des Pyrénées… Et bon voyage dans l’aventure…

 

J1 : Départ Hendaye 9 h 30

 

Après avoir cherché et recherché la gare " casi-désaffectée " d’Hendaye-plage (lieu de rendez-vous Natura), je parviens à rejoindre le groupe avec quelques minutes de retard… Nous sommes au complet, 12 personnes qui semblent en forme et de bonne humeur…

¼ d’heure de marche, premier arrêt… Petit déjeuner face à la plage, le soleil brille, le ciel est bleu et la baignade est autorisée pour les volontaires (aucun !)… Voilà un voyage qui s’annonçait sous les meilleures augures… Présentation par Jeannot de ce qui nous attendait pour la semaine. Nous écoutons tous avec attention, bien sages et sans mots dire (cela n’allait pas durer…).

Départ effectif à 11 h 00, nous partons d’Hendaye, niveau de la mer. La randonnée fantastique commençait… Pas après pas, nous grimpons tout en douceur pour quitter temporairement le monde de la civilisation… Nous laissons derrière nous, sans regret, la cité balnéaire d’Hendaye.

12 h 30 : nous atteignons notre premier 100 ou 150 mètres (je ne sais plus), et dégustons notre première barre de céréales du voyage tout en admirant nos premiers point de vue sur les hauteurs.

 

Vous apprendrez au cours de ce récit, qu’avec Natura, il y a des principes et des rituels. J’espère vous les faire découvrir peu à peu, si j’ai bien appréhendé la philosophie de l’association…

 

14 h 00 : heure de la pause pique nique sous le soleil (je précise…). Nous faisons connaissance les uns avec les autres, les langues se délient quelque peu, la discrétion est encore de rigueur. Ceci dit, unanimement, nous trouvions que le fromage faisait orphelin sans son ami le vin, et pour ma part qu’il manquait d’un petit bout de beurre salé (que j’avais omis de mettre dans mes bagages…)! ! !

 

Rassasiés après quelques quarts d’heure de détente, nous reprenions la marche (n’oublions pas que nous étions là pour cela…), traversant des immensités de fougères, prenant un peu plus d’altitude à chaque mètre parcouru, nous réjouissant de rencontrer sur notre chemin les premiers chevaux basques (pottocks) en toute liberté.

Nous nous posons quelques minutes sur les hauteurs d’une toute petite montagne (appelons-la plutôt " mont "), pour admirer un paysage à 360°. En toile de fond notre océan atlantique et en plans plus rapprochés des monts et des vallées s’enchaînant, tout cela sous un ciel bleu et un soleil qui brille…Que nous étions bien, étendus dans l’herbe, à apprécier cet instant…

 

Mais la journée n’était pas finie. Au loin Jeannot nous montre où nous devons bivouaquer pour la nuit, et à vol d’oiseau (très mauvaise expression d’après Bruno, car qui marche à vol d’oiseau ? ? ?), il nous reste encore quelques kilomètres à faire… Il faut remotiver les troupes… La promesse d’une petite bière bien fraîche suffira à ce que tout le monde se mette debout, Albert en tête…

Pas très longtemps plus tard, nous voilà donc tous attablés à la terrasse d’un bistrot frontalier, une bière devant nous sauf pour Françoise qui préférera un petit noir qui l’empêchera de dormir la nuit venant…

 

 

C’est aussi cela avec Natura…

 

 

Regonflés par ce petit moment de plaisir, nous repartons sur les chemins en direction de notre lieu de bivouac que nous atteignons sans encombre. Nous récupérons nos sacs et nos tentes avec nos 2 ravitailleurs d’aventure (Bertrand et Neil). Les préparatifs pour la nuit commencent : montage de notre maison pour la nuit, toilettage sommaire, et tambouille…Sans oublier le sacro-saint " apéro " qui agrémentera toutes nos fins de journée… La vraie vie, quoi !

 

 

Première soirée : nous nous découvrons, la bonne humeur est de la partie, la convivialité s’installe comme par instinct… Les langues se délient, surtout celles de Bretagne… Jeannot nous fait une confidence qui nous touche au plus profond de nous-mêmes : nous mangeons pour la première fois dans son service " voyage bivouac " multipièces, celui qu’il recherchait depuis plus de 2 années… Nous apprécions tout particulièrement nos assiettes d’aventure qu’il ne faut à aucun prix qualifier " d’écuelles " (jeannot n’aime pas !). Nous sommes tous émus par cette première ! ! ! Sans parler de notre magnifique nappe cirée aux couleurs anisées qui se mariait à merveille avec la nature environnante (recherchée, elle, depuis 1 an !), notre carafe à vin en verre et notre couteau à pain… Le TOP du TOP ! ! !

 

Il n’y a pas à dire, avec Natura, le goût est là…

 

 

Nuit à la belle étoile, m’endormant aux crépitements du feu de camp… Et des ronflements récupérateurs de certains de mes compagnons…Belle image, n’est-ce pas ? Je parviens tout de même à m’endormir et me réveille à l’aube aux premières lueurs d’un soleil noyé dans une épaisse couche nuageuse…

 

 

J2 : (le rituel) Réveil 7 h 30, petit déjeuner 8 h 00, départ 9 h 00

 

Jeannot nous annonce une étape de 7 h 00, en général tous les matins seront d’un calme olympien car : matin, chagrin… La mise en route est silencieuse, le départ se fait sous un temps maussade. L’orage s’annonce dans le lointain…

Ascension vers la Rhune (900m) d’où, paraît-il, on a une vue splendide. Nous n’aurons pas la chance d’en profiter car le lointain se rapprocha, et la pluie d’orage sur nous tomba… L’occasion pour nous tous d’inaugurer nos capes de pluie flambant neuve, seyantes à souhait (collection automne/hiver en exhibition dans le pays basque ). Nous arrivons là-haut dans un brouillard à couper au couteau, avec quelques difficultés à ne pas perdre la personne repère qui marche devant nous. Alors la vue, pensez-vous ? Ce sera pour une prochaine fois, avec le petit train peut être… Première petite pause  " kawa " au café panoramique de la Rhune pour éviter le rhume, cela va de soi ! Nous repartons, la pluie est toujours là mais rien ne nous arrête…

Avec Natura, la motivation est là…

La descente s’amorce dans le brouillard (difficile de trouver le bon itinéraire…), et se poursuit sous une fine pluie qui devient de plus en plus grosse et mouillante. Résultat : nous activons notre cavalcade vers le bas, Jeannot nous dirigeant vers une cabane de fortune… Juste à temps avant que n’éclate un nouvel orage !

Avec Natura, l’organisation vous sauvera…

Là, nous avons le droit à notre barre de céréales matinale, dégustée aux doux sons de la pluie tombante et du tonnerre grondant… N’est-ce pas d’un grand romantisme ? ? ! ! Ceci dit nous n’étions pas venus pour jouer les romantiques au pays basque mais bien pour marcher quelque soit le temps, comme de vrais aventuriers s’adaptant aux conditions austères d’une contrée verdoyante et humide… La pluie ne cessant guère, nous enchaînons sur le repas pique nique : concombres/maquereaux/fromage/abricots, à assembler au gré de notre envie. Sans oublier le " Tobblerone " d’Albert accompagné d’un petit Kawa thermos, l’instant plaisir post déjeuner…

Les Dieux seront avec nous, la pluie finit par diminuer, l’occasion pour nous de tenter une échappée vers l’extérieur… Réussie, puisque la pluie ne sera plus qu’un déplaisant souvenir… Nous marchons encore et encore, rencontrant ici et là des étrangetés de la nature : des vers de terre d’une taille démesurée, curiosités dignes d’une déclaration aux autorités compétentes. Un nuage radioactif aurait-il sévit ? ? ? 

De flaques d’eau en chemins boueux, nous continuons notre périple. Delphine n’est pas encore tombée… Ce sera pour un autre jour ! Nous laissons derrière nous la Rhune (dégagée ! ! !) et vers 18 h 00 nous retrouvons nos deux acolytes ravitailleurs pour le bivouac.

Le brouillard et l’humidité tombant, nous nous empressons de monter nos tentes. Une cabane repère de " chasseurs battus " est à proximité et par chance un robinet donne de l’eau. Ni une, ni deux, le lieu est investi et transformé en salle de bain de fortune : les filles avec les filles (un premier tour qui a semblé très long aux hommes en attente, je ne comprends pas …) et les gars avec les gars…

Nous voilà tous proprets pour passer aux choses sérieuses : l’apéro rituel ! Après l’effort, le réconfort… Suivi d’un petit barbeuc bien sympathique : poulet braisé aux herbes basquaises (le poulet ayant goûté le sol local avant cuisson), une vraie merveille.

Repas du soir, espoir…

 

J3 : (le rituel) Lever 6 h 30, petit déjeuner 7 h 00, départ 8 h 00

Que la marche continue, le temps est clément…Et comme à notre habitude : départ du matin, chagrin… Nous marchons dans un grand silence suivant notre guide d’aventure sans un mot .

 Nous traversons la campagne basque espagnole dans des dégradés de verts pâturages, par des petits chemins encore détrempés par l’orage de la veille .

Quand soudain patatra, les premières chutes s’entendent : Delphine glisse sur une roche mouillée et se retrouve assise dans la boue (très bon pour la peau, paraît-il…), suivie de près par Bruno qui évite de justesse le détrempage boueux de ses vêtements. Rien de cassé, mais une désagréable sensation d’avoir les fesses à l’humide pour delphine. Petit incident de parcours qui poursuivra notre amie durant tout son séjour… Et nous continuons notre route à travers le territoire espagnol.

Sur l’heure de midi, Jeannot nous offre une petite grimpette hors sentier à travers les fougères pour aller toujours plus haut…Là-haut nous avons notre récompense (une petite sucrerie se nommant " lion ") et un répit de quelques minutes qui permettra de faire quelques photos : Alex prenant des pauses de mannequin sur son tronc d’arbre en altitude ( nouvelle collection printemps/été de la redoute ? Décathlon ?), sacrée Alex !

A quelques mètres, à vol d’oiseau, nous observons une colonie de vautours planant au dessus de nous, magnifique spectacle pour nos yeux de novices de la montagne... Mais une petite interrogation se pose à nous : Que font-ils là , au dessus de nous ? Sentons-nous à ce point la charogne, après l’effort que nous venons de faire ? pas de réponse, les vautours seuls auraient pu nous le dire….

Nous poursuivons notre chemin tout en mitraillant de photographies la rencontre impromptue… Une petite chose est à préciser quant à la prise de photos : mieux vaut toujours l’avoir à la main et s’entraîner au préalable à prendre des photos tout en continuant à marcher. Car tout arrêt de quelques secondes en individuel, vous pénalise d’un 50 voire 100 mètres de détachement au groupe. Vous comprendrez très rapidement que tout retard est à récupérer sous peine de faire la majeure partie du voyage à la traîne… Moi, j’ai compris et j’ai limité mes photos au moment de pause commune ! ! ! Souriez, c’est Kodak…

14 h 00 (le rituel), nous nous arrêtons pour la pause déjeuner dans un lieu choisi par Jeannot : un endroit déjà fréquenté par nos amis les moutons (notre ami aime bien ces petites bêtes…), à l’ombre de quelques arbres… Chacun déballe son petit sac pique nique et se fait une petite place parmi la multitude de crottous ovinesques… Au menu : tomate, œuf mayo (le régal du chef !), saucisson et fromage… Suivi d’un petit café/chocolat issu de la collaboration Albert/Françoise, un vrai petit plaisir… Il fait beau, nous avons même le temps de profiter d’une petite sieste post prandiale. De quoi, nous plaignons-nous ? ? ? De rien, à vrai dire… Nous apprécions ce moment de détente avec ferveur.

Après cette petite heure de farniente, nous nous élançons à nouveau sur nos chemins d’aventure. Nous marchons sur les hauteurs, nous émerveillant des paysages environnants. Nous suivons pas à pas notre " gourou " : il va à gauche, nous allons à gauche… Il va à droite, nous allons à droite… Il s’arrête et nous nous arrêtons… En si peu de jours se révèle à nous notre instinct grégaire…En y réfléchissant, c’est peut être pour cela que Jeannot apprécie les moutons ? ? ! !

Ensuite, il organise pour nous un petit parcours ludique de saut de barrières barbelées. Tout le monde passe sans encombre, et nous nous avançons dans des lieux où règne une ambiance magique… S’offre à nous une magnifique forêt de hêtres majestueux. Que c’est beau…

Petit aparté : savez-vous comment faire la différence entre un hêtre et un charme ? Un petit moyen mnémotechnique que j’appris un jour : " le charme d’Adam est d’être à poils ". Tout cela pour vous dire que les feuilles du charme sont à dents et que celles du hêtre sont à poils… Voilà pour ma contribution " intellect " du voyage ! ! !

L’après-midi, les langues sont plus actives… Ca palabre et ça palabre, surtout du côté Alex et Delphine… Les discussions vont bon train, les plaisanteries (souvent de nature ironique) aussi… L’ambiance est vraiment le point fort de notre petit groupe, y a pas à dire ! ! !

Comme par principe, après la montée vient la descente… Ce jeu de montagnes russes (à pied) est caractéristique du pays basque, semble-t-il… On monte, on redescend, on monte, on redescend, on monte, on redescend… Les muscles de nos jambes sont mis à rude épreuve, ce parcours est un véritable test de notre résistance à l’effort…

Cependant, l’itinéraire de Jeannot n’entamera à aucun moment notre bonne humeur (presque !)… Tout le monde suit dans une homogénéité sans pareille, nous arrivons même à rigoler dans l’effort ! ! ! Petite pause avant d’entamer une descente vertigineuse, Jeannot nous demande de resserrer nos chaussures (Bruno l’a si bien écouté que ses pieds ont failli la cyanose dans l’attente du top-départ) . Et en avant, c’était parti…

Delphine et moi-même, ayant mémorisé la technique descente " express " enseignée par notre professeur Jeannot, entreprenons de la mettre en pratique dans une course sans fin… Perpendiculaires à la pente, souplesse dans les jambes, genoux en flexion, ce sont les cuisses qui doivent travailler… Delphine a si bien maîtrisé la technique que son schéma corporel s’est focalisé sur ses cuisses pendant plus de 2 jours…

Arrivés en bas, un petit village nous accueille au niveau d’une terrasse de café… Quelle douce sensation que celle de la première gorgée de ce liquide fermenté sur nos papilles desséchées… Mmmmmm ! Qu’elle était bonne…

Mais ce n’est pas le moment de se relâcher, notre bivouac se trouve encore à une ½ heure de là, par un sentier en grimpette… Dur, dur, après la bière ! ! ! Mais cela se fit… Quelle journée, moi j’vous le dis ! ! ! Un grand plaisir nous envahit lorsque nous visualisons enfin la camionnette Natura, symbole de fin de journée et de repos… Fin du troisième jour de marche, les pieds commencent à souffrir sérieux (n’est-ce pas Patrick ? ? ?)…

Le rituel du soir, espoir…Nous cherchons un endroit correct pour planter la tente entre les bouses éparses (limitées par un nettoyage préalable par les bons soins de nos deux soutiens du soir) et un sol dur comme caillou (je crois bien que les sardines ont beaucoup souffert ce soir là ! ! !) et légèrement en pente… Une fois cette phase terminée, opération toilettage… La pro des pros fut sans aucun doute Lyne qui avait repéré une baignoire de couleur blanche (destinée comme abreuvoir à 2 chevaux) à quelques 100 m de notre campement.

Imaginez-vous un peu la scène : Lyne en maillot de bain se lavant tout naturellement dans une baignoire plantée au milieu de nulle part, observée par 2 chevaux ébahis (et peut être d’autres ! ! !)… C’est vraiment la magie des instants d’un voyage où l’insolite peut côtoyer aussi simplement le naturel… Malheureusement, nous n’aurons aucune photo à l’appui…

Après la toilette, un massage de pieds pour moi et pour Lyne, un véritable bonheur… Requinquées, l’apéro nous attendait sous la tente commune (montée pour cause de pluie, de vent…Un vrai temps d’été, quoi !). La troisième journée fut éreintante pour plusieurs d’entre nous… Aussi la soirée s’écourta pour aller faire un gros dodo. Enfin, c’est ce que nous croyions…

En peu de temps, les ronflements éparses envahissaient le campement, la pluie battante se heurtait à nos toiles bien étanches… Tout était parfaitement normal… Quand plus tard dans la nuit, nous fûmes visitées par les occupantes habituelles des lieux : de magnifiques bovines aux regards doux et tendres (n’est-ce pas Jeannot ? ? ?), ornées pour la circonstance d’harmonieuses clarines… Cette description peut paraître un tantinet idyllique, certes… Mais je crois que pour l’apprécier pleinement, il faut abandonner tout espoir de dormir… Au bout de quelques moments d’impatience, nous entendons une voix calme et pondérée : " OOOUUUHHH ! ! ! OOOUUUSSTTTT ! ! ! " surgir dans la nuit, afin d’éloigner les indésirables… Et surtout pour préserver nos sommeils perturbés (enfin pas le mien, je l’admets, puisque je n’ai rien entendu…)

 

J4 : (le rituel) : Lever 6 h 30, petit déjeuner 7 H 00, départ 8 h 00

 

Ce matin, les petits yeux sont de rigueur après cette nuit mouvementée. Jeannot se plaint de son dos après ses péripéties nocturnes… Les nuages disparaissent à l’horizon et laisse apparaître l’astre solaire tant attendu… Une nouvelle journée commence.

Nous traversons des paysages magnifique arborant tous les tons de vert existant : des collines, des monts et des vallées plongeantes, aux allures de massif central parfois. Le soleil nous fait honneur, la bonne humeur est de mise… Nous montons, nous redescendons, nous montons et nous montons encore…

Quatrième jour, la fatigue se fait sentir, les grimpettes sont ressenties plus difficiles… Vers 11 h 00, nous parvenons au sommet de notre premier 1000 m (le Lindus) d’où la vue est splendide, nous sommes lessivés et la pause sucrerie est la bienvenue. Cet endroit est magnifique…

Nous redescendons pour mieux remonter par la suite. A 12 h 30, nous parvenons au col de Roncevaux (ou Ibaneta), petite pause hydratation avant d’attaquer l’ascension… Et c’est reparti, le moral est quelque peu éprouvé par l’effort et la fatigue…J’ai l’impression que nous nous arrêterons jamais de monter… Jeannot nous dit que nous mangerons un peu plus haut encore… A ce moment-là, je n’en veux plus… La fatigue assaille corps et moral, la faim se fait sentir, une légère agressivité me submerge et éclate brièvement (c’est Jeannot, la victime…). Quelques mètres plus haut, nous arrêtons enfin… Epuisement total ! ! !

Après cette pause salutaire, les batteries se regonflent, le moral est meilleur dans la troupe… Et les langues recommencent à jacter allègrement malgré le temps qui se gâte…Le brouillard tombe peu à peu, les montagnes disparaissent… L’occasion pour nous de ne regarder que nos pieds et le sol où nos découvrons une multitude de coccinelles s’activant dans l’herbe… Françoise se rappelant que ces petits insectes sont connus pour leur pouvoir de messagères auprès du Bon Dieu, en expédie deux dans les airs avec le souhait " beau temps pour les jours prochains " accroché à leurs ailes… Nous continuons tous avec l’espoir que ce message sera bien délivré à qui de droit…En levant nos yeux pour regarder le paysage, notre vision se heurtera à une épaisse couche nuageuse… Nous imaginons donc, et admirons sans voir…

 

Avec Natura, ton imagination tu travailleras…

Tu travailleras non seulement ton imagination, mais aussi une autre technique du cru des parfaits randonneurs : comment enlever sa veste ou son pull sans s’arrêter de marcher, tout en ayant un sac sur le dos ? ? ? C’est que j’en ai appris des choses ! ! !

UN : tu commences par un côté, tu ôtes la bretelle du sac, tu enlèves le premier côté du vêtement et tu remets le sac. DEUX : Tu procèdes de la même façon de l’autre côté. TROIS : tu te retrouves avec ton vêtement sur les bras, la nouvelle étape consiste à le remettre dans ton sac qui est sur ton dos. Aïe, aïe, aïe ! ! ! C’est la phase la plus délicate, n’oublions pas qu’il faut faire tout cela en continuant de marcher pour ne pas perdre le groupe… C’est assez sport, mais avec de l’entraînement, la technique s’avère efficace et tout à fait faisable…

 

Avec Natura, la technique est là…

Bon, mais revenons à nos moutons… Nous traversons des lieux où le minéral commence à prédominer. Dans la brume, nous rencontrons non pas des gorilles, mais encore nos amis les ovins tagués de rouge, de bleu ou de vert… Nos compagnons d’infortune nous accueillent avec des Bêêêêhhhh, Bêêêêhhhh et des diliiiiiinnng, diliiiiinnng… Image typique des guides touristiques basques… Rien est laissé au hasard, tout avait été prévu pour que nous gardions de merveilleux souvenirs de cette contrée austère…Merci, Natura… Malgré cet accueil chaleureux, nous poursuivons notre chemin. Le bivouac nous attend derrière la montagne.

A partir de cet instant, nous entrons en des lieux que nous nous sommes plus à imaginer inviolés par le pied de l’homme. Comme de vrais aventuriers, nous nous sommes enfoncés dans une forêt dense de végétation et de blocs de pierres… Suivant les traces de notre guide dans la brume, nous marchions pas à pas à la découverte de ce monde aux émotions mystérieuses. Telle une forêt enchantée, nous nous attendions à chaque instant à voir surgir ici une licorne, là un elfe ou que sais-je encore… Un moment inoubliable (dont je n’ai aucune photo, malheureusement) qui nous amena jusqu’à notre bivouac pour la nuit.

Ereintée, je trouve un soupçon d’énergie pour aller me servir un petit jaune… Et hop ! Un petit jaune et ça repart… Le rituel du soir, espoir… La tente est montée, le toilettage est fait, la tenue de soirée pour me protéger de l’humidité du brouillard est mise… Je peux donc aller faire la curieuse chez nos gars cuisiniers : " qu’est-ce qu’on mange ? ? ? " R : " Riz à l’espagnol ", sans plus de détails car les secrets de cuisine ne se révèlent pas, me disent-ils ! ! !

Nous étions tous en train de nous délecter de ce fameux riz espagnol lorsque nous avons eu la visite de nos amis les bêtes (les vaches aux regards doux et tendres…) toutes étonnées de nous voir installés à l’endroit où elles dorment habituellement… Nous, nous le sommes moins car :

Le soir venu, quand brume tombera

Là où la clarine tintera et bouses tu verras

Ton bivouac, avec Natura, tu installeras…

Après maintes concertations et hésitations, elles finiront par s’éloigner, déroutées quelque peu par cet imprévu de fin de journée…

 

J5 : (toujours le rituel) Lever 6 h 30, petit déjeuner 7 h 00, départ 8 h 00

 

Nous sommes jeudi. Un brouillard intense nimbé d’un taux d’humidité au plafond, nous accueille dès le saut du lit. Avec un temps pareil, nous faisons tout sans nous attarder : habillage, toilette, pliage de tente, petit déjeuner… En 2 temps, 3 mouvements, tout est bâclé expresso… La cape de pluie sur le dos, nous sommes prêts à reprendre notre route :

Pluie du matin, n’arrête pas le pèlerin… Mais chagrin tout de même…

Là encore, nous devons imaginer ce que nous aurions pu voir ensemble… Sur les hauteurs, le froid se met de la partie… Glaglaglagla… On se serait cru en Ecosse ! ! ! Avec toutes ces circonstances, le rythme s’accélère… Nous éclatons les chronos… Les chemins sont détrempés, nos chaussures aussi… Delphine s’offre une petite chute avec quasi salto arrière (mais très mauvaise réception ! ! !) dans le ruisseau, cela faisait longtemps… En fin de matinée, la purée de poix s’éclaircit quelque peu, l’occasion pour nous de faire connaissance avec les " cromlechs ".

Qu’est-ce donc que cela ? Vous demandez-vous certainement ? Animal ? Végétal ? ou Minéral ? A vrai dire, un peu de tout cela à la fois puisque ces curiosités s’avèrent être des tombes des temps anciens, très anciens…

Pique nique sans sieste quelque part dans le brouillard, dans un lieu qui se nomme Occabé… Puis nous repartons… Nous retrouvons sur notre parcours les forêts de hêtres, et entamons une descente selon la technique déjà mentionnée. Delphine semble légèrement plus souple sur ses jambes, Bruno dévale le truc à toute allure (l’appel de la bière, sans doute ! ! !). Y a pas à dire, ça va plus vite ainsi…

En bas, une éclaircie nous réchauffe le corps (il est plus de 16 h 00). La cabane de Pédro nous réjouit… Petite séance bronzage à la terrasse de ce bar/restaurant, en compagnie d’une petite bière désaltérante… Un grand petit moment de plaisir pour nous tous…Nous n’avons pas très envie de bouger, mais ce soir c’est l’extra du séjour : une nuit en camping avec une véritable douche chaude qui nous attend… Alors… Dur ! Dur ! Après 2 bières, les jambes se font un peu lourdes ! ! ! Surtout que Jeannot nous force le rythme dans la grimpette, pour éliminer les bières nous dit-il… Quel joueur ! ! ! Après une bonne suée, nous arrivons au camping d’Iraty où nous attendent Bertrand et Neil.

Comme nous avons été une équipe super extra, nous avons le droit à notre petite récompense du jour : un jeton pour une douche chaude… OUAIH ! ! ! Alex est ravie, elle va enfin pouvoir utiliser son sèche-cheveux (ustensile indispensable dans tout trek de la parfaite aventurière…), et se faire un magnifique brushing (très réussi, il faut l’admettre ! ! !). Après notre toilettage de luxe, le rituel reprend le dessus : le sacro-saint apéro ! Ce soir, c’est vraiment la soirée hors catégorie : Marie Christine (une ex de Natura) en visite, nous a ramené une mixture de sa composition (excellente !) que nous goûtons tous avec gourmandise. Que la vie peut paraître simple, parfois…

Nous faisons connaissance avec Christian (un autre ex de Natura, qui se fait appeler le norvégien… Reste nostalgique d’un périple à raquettes dans les Encantats…), notre nouveau compagnon d’aventure.

Nos chaussures et chaussettes ayant connu le " détrempage " optimum lors de cette journée des plus ensoleillée… Nous décidons de tenter de les faire sécher autour du feu de camp. Bruno surveille ses brochettes de chaussettes, Françoise retourne régulièrement ses godasses afin d’obtenir un séchage homogène… Quel beau tableau sous les lueurs du crépuscule…

La soirée avançant, il est temps pour nous tous de penser au dodo, et de rêver à notre prochaine ascension vers le pic d’Orhy (2017 m)… Ce soir, pas de clarines pour enchanter nos nuits, pas même le doux bruit de la pluie caressant nos tentes… Et à vrai dire, cela nous perturbe un peu…

 

J6 : (encore le rituel) Lever 6 h 30, petit déjeuner 7 h 00, départ 8 h 30

 

Le temps est dégagé, le soleil sera (nous l’espérons) de la partie… Nous commençons notre ascension tout en douceur car comme tous les matins, chagrin… Peu à peu, la montagne se dévoile à nous dans ses plus beau atours… Qu’elle est belle sous le soleil… Ce début de journée est un véritable régal pour le plaisir de nos yeux émerveillés (et je n’exagère pas !). Nous marchons en silence dans ce paysage qui nous subjugue… Et qui nous amène au pied du pic d’Orhy, notre rêve de la nuit allait devenir réalité…

Le périple ascensionnel commence en progression : nous montons, nous montons et montons encore, à un rythme sans fatigue…Pour parvenir (en sueur, il ne faut tout de même pas déconner !) à un sentier sur crête où nous ferons une petite pause récupératrice…

De là, nous dominons avec admiration une succession de monts et de vallées magnifiques, à notre droite comme à notre gauche. Etre toujours plus haut, pour se sentir encore plus petit… Une émotion intense nous fait oublier l’effort que nous venons de fournir… C’est ce qu’il y a de magique avec la randonnée…

Il est temps pour nous de prendre possession de ce 2017 m … Nous repartons donc d’une énergie nouvelle, submergés d’une motivation qui surpasse notre fatigue. Et un, et deux et trois… Chaque nouveau pas nous rapproche du sommet, ce premier 2000 qui nous fait envie… Le temps est dégagé, un véritable cadeau de la nature… Quel bonheur d’être parvenue là-haut, la montagne est si belle vue de si haut… Merveilleux souvenir.

Pause photo obligée, il faut immortaliser l’instant. Chacun y va de son appareil, le retardateur est mis afin que tout le monde soit sur la photo (NB : qui n’est pas encore développé à ce jour, désolée)

A vrai dire, j’avais demandé à un quidam se trouvant sur le sommet de nous prendre tous… Mais vus les difficultés notoires qu’il eut à comprendre le fonctionnement de l’engin et après maintes essais de prises de vue sans résultat, j’ai préféré utiliser notre ami retardateur ! ! ! Il faut toujours miser sur des valeurs sûres ! ! ! La photo est prise, super… Nous allons pouvoir envisager de nous restaurer tout en profitant de ce splendide paysage. Menu : sardines/fromage/tomate/pomme (je crois). Le soleil venant nous tenir compagnie, la sieste post prandiale se fait tout naturellement. Que nous sommes bien…

Avec Natura, le bien être est là…

Bon ce n’est pas le tout mais nous ne sommes pas d’ici et le bivouac est quelque part là-bas dans le fond de la vallée, derrière l’autre montagne… Et n’oublions pas, c’est pour marcher que nous sommes là ! ! !

Nous entreprenons donc notre descente infernale…Avec Bernard, nous poursuivons notre cours de gym que j’ai initié le matin : flexion, extension, flexion, extension… Et un, et deux, et un , et deux… Une leçon en plein air, quel privilège ! (n’est-ce pas Bernard ?) Nous descendons comme des cabris, des vrais pros de la descente… Jeannot fait une petite pause pour nous montrer le programme de la semaine prochaine, visible à l’œil nu tant c’est dégagé… Un coup de blues m’envahit. Je ne serai pas de la partie (sniff ! sniff !), je n’avais signé que pour 7 jours… Dommage de chez dommage ! ! !

Nous continuons notre route jusqu’à notre bivouac. Une descente à toute allure dans les verts pâturages telle " Heidi " courant chez son grand père ou encore " La petite maison de la prairie " nouvelle version, agrémente cette fin de journée… En soirée, le soleil nous boude pour laisser place à nos compagnon de voyage, les nuages… Nous ne sommes guère étonnés ! ! ! Puis nous arrivons en vue d’une vallée encaissée au milieu de laquelle coule une rivière… Ce sera notre lieu de villégiature pour la nuit et la journée de repos du lendemain.

Rituel du soir, désespoir (pour moi !)

Nous discutons un peu avec un couple de bergers logeant dans une maison située au dessus de notre campement. La dame est bavarde… Notre périple l’a fait se projeter dans ses jeunes années, mais maintenant elle ne peut point faire toutes ces choses sous peine de souffrir de ses jarrets, nous dit-elle… Elle est charmante…

Nos deux acolytes de voyage sont absents, pas de camionnette Natura mais toutes nos affaires sont là entreposées. La récompense de Lyne (Eric, son mari) qui nous a rejoint pour la journée de repos, nous donnera le pourquoi de la situation : pas de pain pour le repas du soir (embêtant pour une fondue pyrénéenne ! ! !). Nous récupérons nos sacs et tentes pour nous installer près de la rivière.

Après le rituel, nous nous mettons au travail. Le râpage de fromage nous attend, labeur que nous décidons d’effectuer en étroite collaboration : Patrick coupe les morceaux, Laurence les met dans la râpe, et moi j’actionne l’ustensile rudimentaire… Une équipe d’enfer ! Après quelques 30 minutes, nous entreprenons un relais, passage du témoin " râpe " à Lyne qui poursuit le défi… C’est une affaire qui marche !

Le temps se gâtant sérieusement, le froid nous frigorifiant, la tente commune est montée par les hommes. Nous nous y réfugions dès que possible… La fondue se fera sous tente, une vraie première (enfin, pour moi !). Quand j’y repense, il fallait réellement oser organiser cette fondue pyrénéenne pendant un bivouac… Rien n’arrête Natura ! ! ! Mais ce fut une super idée…

Avec Natura, le souvenir est là…

La nuit tombe, le climat se dégrade… Tempête sur mes derniers moments avec mon groupe d’aventure. Demain, je suis la seule à m’en aller… Mon cœur est triste, très triste… Pourquoi ne me suis-je pas inscrite pour les 3 semaines ? Je n’ai vraiment pas envie de les laisser… Mais il me faut bien rentrée, obligations professionnelles obligent… Sniff ! Sniff ! Sniff ! Le départ est prévue pour le lendemain matin 9 h 30…

 

EPILOGUE

Mais le périple s’est poursuivi… J’attends donc la suite du récit avec impatience ! ! ! Ces 15 jours sur les sommets, comment c’était ? ? ?

Moi, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures… Avec Natura, cela va de soi…

Je vais terminer par un petit slogan pour Natura, que certains connaissent déjà :

 

Qu’il neige, qu’il pleuve, qu’il vente… Avec Natura, tu marcheras…

Mais jamais moral, sur les sommets, tu ne perdras…

Car la force du groupe, en toi, toujours rayonnera…

 

Dans le rôle du gourou d’aventure : Jeannot des Pyrénées.

Dans celui de nos ravitailleurs de choc : Bertrand et Neil…

Et une pensée nostalgique à tous mes compagnons d’aventure : Albert, Laurence, Lyne, Bruno, Alex, Delphine, Bernard, Michel, Patrick, Francis, Françoise et Christian.

Merci à vous tous.

A très bientôt, je l’espère…

 

Dominique.

 

Texte : Dominique / Photos : Dominique, Françoise et Jeannot

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