Hé té vé, les marmottes siffleront trois fois !

Ecrit par Christian…

 

RESUME DES EPISODES PRECEDENTS

Il paraîtrait que l’aventure ait commencé sans baignade. Sur la plage d’Hendaye, le 7 juillet, en compagnie du soleil. La progression en pays basque s'est faite rapidement jusqu’au site mythique de la Rune que nos éminents randonneurs passèrent sous les nuées et la pluie. Certaines journées nécessitèrent quelques arrêts-troquets où une bière blonde et bienvenue fut dégustée à plusieurs reprises en attendant les fins d’orage…Quels que fussent les aléas météorologiques, le moral resterait au beau fixe et se maintiendrait à une hauteur de mercure impressionnante tout au long du périple. Résumons : temps moyen mais le passage en pays basque a laissé des traces, pas seulement de semelles de chaussures. Il a laissé des traces dans la mémoire collective.

On raconte d’abord que des touristes en bivouac non contents de s’échiner à avaler des dénivelés ardus, ont dû subir, les bras ballants, plusieurs fois dans une nuit l’arrivée impromptue et délibérée d’une armada de vaches à sonnaille . D’où le proverbe basque : poches sous les yeux, vaches qui rient.

On raconte encore, de pottock à pottock, - hennissant qui mal y pense - dans les vallées comme sur les sommets, une épopée singulière où il est question d’une Mélusine que l’on aurait aperçue, debout dans un abreuvoir, après une glissade sur gadoue non-programmée : elle proférait en maillot de bain quelques formules magiques plus bretonnes que basques... Et des paparazzis avaient sorti aussitôt, de dessous leurs capes, leurs appareils photographiques. Qu’on se le redise !…

 

VENT FRAIS, VENT DU MATIN ET QUARTIER LIBRE

Samedi 13 juillet

On pourra faire la lessive, avait-on dit à l’unisson. Mais on n’avait pas prévu le vent, les nuages gris et surtout la pluie en après-midi. Les résultats de séchage furent plus qu’approximatifs. Après la vaisselle restée du soir, quelques téméraires toilettes du matin dans le torrent, l’inspection de l’état des arpions, le moteur tourne à bas régime comme dirait la banane…Le cœur gros, Dominique a rejoint la civilisation et le reste de l’équipée est ancré dans cette vallée, couloir propice aux montées de nuages et de vent. " Quand ils viennent de ce côté, du versant espagnol, c’est signe de mauvais temps. " avait annoncé la veille le berger. En fait, les nuées arrivent de tous côtés. Chacun vaque à ses affaires mais très vite la tente devient un endroit contigu…Pétanque hors de question, alors certains gagnent le petit refuge, occupé la veille par un randonneur solitaire, pour apprendre avec Delphine la belote coinchée. Aux alentours de midi, les ravitailleurs nous amène une nouvelle : Annie, coéquipière dopée aux embruns de St Malo. Ca vaut mieux que l’E.P.O.

Au repas de midi sous la tente collective, nous avons la surprise d’accueillir Jean-Pierre, visage buriné par de nombreuses courses,  baroudeur en solitaire. Selon son intuition, il suit un périple très proche du nôtre, en s’adaptant aux situations. Le groupe avait fait sa connaissance au cours d’une des étapes antérieures. Il va faire arrêt cette fois-ci au petit refuge au-dessus du campement.

Au milieu de l’après-midi, Françoise, Bernard, Delphine, Christian et Michel, ne supportant plus d’être confinés, décident de profiter d’une éclaircie pour explorer le vallon en suivant le torrent. Ils découvrent une très belle vallée avec des vasques où se baigner (malheureusement pas aujourd’hui !), un mouton à la patte cassée… et ils reviennent sous le crachin au bout de trois quarts d’heure.

Les joueurs de cartes se retrouvent pour un deuxième tour de belote à l’abri dans l’antre occupée par Jean-Pierre. Mais la partie s’interrompt lorsque Jean-Pierre sort son journal de bord illustré de ses aquarelles : discussion, admiration. Cette pratique récente lui donne plus de satisfaction que ses collections de diapos. Chacun de ses treks maintenant est l’objet d’arrêts pour des esquisses d’aquarelle qu’il retravaille ensuite de mémoire. Savoir s’imprégner de la montagne et traduire son ressenti. Voilà une pratique zen.

La soirée se passera sous la tente collective et ses annexes montées en hâte pour cause de vent. Au menu, fondue savoyarde au bon relent d’ail et de fromage qui fera fuir Bruno indéfectiblement allergique à ce genre d’exercice. La tente subit les assauts du vent, parfois s’affaisse mais ne rompt pas. Voire la fable de La Fontaine, le toit de l’hypermarché et le mât de titane…En final, chacun se replie sous sa tente et passe une nuit agrémentée de bourrasques, de pluie et des mélodieuses sonnailles des vaches, des chevaux ou autres quadrupèdes. Plus d’un pour s’endormir a compté les moutons !

 

MARCHER DE L’AVANT ET AU BORD DU GOUFFRE

Dimanche 14 juillet

Le temps de constater, mon colon, les dégâts dus aux coups de vent de la nuit : seul un mât de la tente collective s’est plié. De ranger, de transporter le matériel jusqu’au camion et de préparer son sac. On se rend compte très vite que le baromètre n’est toujours pas au beau fixe. Adieu le bivouac, qu’importent les nuages pourvu qu’on ait l’ivresse. Albert n’oublie jamais sa topette de pastaga ! Et le groupe s’ébranle vers 10 heures en compagnie de Jean-Pierre et son grand bâton pour s’attaquer à un dénivelé et essayer de passer un col dans les brumes… 

Y a du vent dans les capes et des corps qui s’arque-boutent, c’est la fête nationale : on n’est pas là pour se faire emmerder, on est là pour voir le défilé… A plusieurs reprises, Jeannot est obligé de faire, à l’écart, le point avec carte et boussole. Jean-Pierre muni d’un G.P.S. vient à la rescousse, on serait à cent mètres plus bas du passage prévu. Pour en finir, l’issue est trouvée et le groupe joue à saute-frontière avant une pause où des aiguilles rocheuses offrent leur côté ensoleillé entre deux trouées de nuages. Le beau temps semble revenir tandis que nous traversons des herbages où nous croisons des chevaux en liberté (provisoire ?). Puis nous prenons une route pour éviter des difficultés supplémentaires.

 

 

Vers 13 heures, nous entrons dans un refuge en Navarre pour une pause-déjeuner alors que Jean-pierre nous rejoint. Trinquation, décontraction et mastication à base de maquereau et de chorizo! Jean-Pierre a décidé de faire étape à ce refuge. Salutations et… hasta la vista !

Le groupe s’ébranle de nouveau : après cet arrêt prolongé, il faut reprendre le rythme. Traversée de pâturages à chevaux (à achever ?) en essayant au maximum d’éviter la route bitumée. Puis Jeannot propose de s’engager dans un parcours fait d’amas rocheux, d’arbustes qui s’accrochent vaille que vaille à la montagne : chênes pubescents, bouleaux… et trous profonds. Il va falloir se familiariser avec les lapiaz, travailler l’équilibre sur rocher, faire un peu de varappe au-dessus du territoire de la Pierre St Martin… Puis, contrainte et forcée, l’équipée longe une route qui passe à deux pas de l’entrée du fameux gouffre et découvre enfin prés d’un abri-refuge les ravitailleurs. Installation des tentes dispersés sur les endroits herbeux disponibles : on connaît des coéquipiers qui ont eu du mal dans le brouillard à retrouver leur tente. 

Une partie du groupe nettoie l’abri laissé à l’abandon. Une autre part avec le véhicule ramasser du bois. Repas-veillée très agréable à l’abri prés d’un feu. Trinquation, grillades d’agneaux et de patates. Pour le final, on s’est fait le Mont Blanc (la crème), certain(e)s en redemandent. Coucher vers 10 heures 30 : nuées et humidité.

 

LE PIC D’ANIE : METTEZ-VOUS CA DANS LA TETE !

Lundi 15 Juillet

Nuées et humidité, on se croirait la veille. Il fait frais. Jeannot prend le véhicule d’accompagnement pour se renseigner au village : les hauteurs au dessus de 2000 mètres seront-elles dégagées ? Ca vaut t-y le coup ou pas le coup de tenter l’ascension du pic d’Anie

(2504 m) ? La réponse se fait attendre mais bientôt Jeannot revient en disant que rien n’est sûr mais on ne sait jamais, la montagne réserve parfois des surprises. Et en route pour de nouvelles aventures !…Pas encore car il y a les éclopés, Jean-Pierre et Christian dont les pieds bien entamés nécessitent des soins attentifs (longue vie au docteur Jeannot !) : apport de double-peau et autres compresses stériles (merci Delphine).

Vaille que vaille, le départ est donné à 10 heures. Progression dans le brouillard vers le col St Martin, puis le col d’Arlas (1926 m), le col de Pescamou (1918 m, fin du pays basque) et celui de Boticoth (1939 m). L’équipée suit alors le G.R. 10 et au bout d’une heure et demie arrive la pause devant un miroir de faille : la roche calcaire a l’aspect d’une plaque de marbre. En fait, Jeannot, notre géologue attitré, explique qu’à l’époque quaternaire, deux plaques rocheuses venant d’un sens différent se sont rabotées en laissant cet aspect glacé et marbré. Il montre les fissures et le travail de la roche.

Retour en arrière et cap sud-ouest vers Aradanes. Progression difficile dans les nuées au travers les lapiaz, failles et crevasses. Passage des Arres d’Anie. Dans ce "glacier rocheux", on rencontre les premiers névés. A 2300 mètres, concertation sous le crachin à 200 mètres du sommet : faut-il continuer l’ascension sachant que le Pic d’Anie est recouvert de nuages ? Très vite, l’ensemble du groupe s’engage, toute cape dehors, dans un sentier en descente vers Lescun. Cap de la Baitch, on croise de beaux spécimens roses et noirs, cochons dans le civil, puis nous stationnons debout dans une cabane de berger. Ce dernier garde un troupeau de 500 bêtes. On suit maintenant le G.R.10 qui traverse le bois du Braca d’Azuns (attention aux racines mouillées plus traîtres que les pierres humides !). Une trouée de nuées et on découvre le versant opposé : les Orgues de Camplong, puis les aiguilles de Billare : impression de regarder des estampes chinoises. Arrêt au refuge de Labérouat qui accueille un séjour d’adolescents mais le groupe, fatigué, ne souhaite pas prolonger le repos.

Descente rapide par la route qui mène à Lescun, village de la vallée d’Aspe. Mais sur la route, pas un poil d’ours ! Enfin, arrivée vers 18 heures 30 au gîte de Lescun à l’écart du village. Soirée grise et tranquille avec douche, douche chaude. Exposition des effets mouillés. Excellent repas des ravitailleurs et repos bien mérité.

Descente rapide par la route qui mène à Lescun, village de la vallée d’Aspe. Mais sur la route, pas un poil d’ours ! Enfin, arrivée vers 18 heures 30 au gîte de Lescun à l’écart du village. Soirée grise et tranquille avec douche, douche chaude. Exposition des effets mouillés. Excellent repas des ravitailleurs et repos bien mérité.

 

CAP VERS LE SUD MAIS NE PAS PERDRE LE NORD

Mardi 17 juillet

9 heures 30, le groupe prend le rythme de marche, quitte Lescun et prend sous la grisaille une route, puis monte par un sentier à mules. Traversée de la vallée de Leabrenère, passage d’un gué sur un torrent. A la cabane du Penot, d’abord, eleven o’clock tea, ensuite une barre énergétique chocolatée est avalée. Notre parcours emprunte un sentier de st Jacques de Compostelle qui relaie Pau et le Haut-Aragon. Passage du col de Pau (1942 m), puis col de Burcq (2063 m) et suivi de la crête-frontière vers le sud-est. Au col de Saoubathou (1949 m),on avale une autre barre énergétique et en route pour arriver d’une traite au refuge. On mangera là-bas. Sur le sentier boueux, une grosse salamandre noire et jaune se déplace tranquillement. Le paysage est laiteux. Même proche du but, la fatigue se fait sentir.

15 heures 50, la marche avec 1400 m de dénivelé se termine. Arrivée impromptue et remuante du groupe qui, au début, agace un peu la gérante du refuge d’Arlet. Occupation de la table centrale (avec Natura, advienne que pourra) pour un casse-croûte de midi tardif. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les commandes se suivent au fil des heures et se ressemblent : Bière, vin chaud et vin chaud. La gérante se déride… Les chaussettes, chaussures, habits sèchent tant bien que mal autour d’une chaudière à bois quelque peu sous-alimentée.

Avant de passer au repas, Jeannot se lance dans une initiation à l’orientation : comment trouver le nord, orienter une carte, prendre un azimut ou croiser plusieurs relevés… Pour être efficace dans ce domaine, cela mériterait une pratique assidue mais on se reposera sur notre accompagnateur préféré. Et, toutes les montagnes des Pyrénées le savent, il assure un max ! Après le repas, exploit, le brouillard se retire et dégage la vue sur 150 mètres : le refuge domine un lac que personne n’avait vu lors de l’arrivée à Arlet. Vision fugitive, quelques instants plus tard les nuées referment leur couvercle. Les ronflements en dortoir commenceront à partir de 10 heures 30. Du rythme, encore du rythme !

 

OLA, OLA… OLA HOMBRE

Mercredi 17 juillet

Les nuées enveloppent toujours le lac d’Arlet. La gérante du refuge indique à Jeannot que, sur le versant espagnol, le temps devrait se dégager. Il est 9 heures. Forte de ces renseignements, l’équipée monte vers le Parc d’Aragon, puis descend petit à petit sous le soleil ( et oui !) tranquillement en observant des isards (les cousins du chamois alpin) sur des rochers ou sur la crête, dressés immobiles en position caractéristique. Dans ce territoire d’Aïgues Tortes, large vallée glacière, on prend le temps de découvrir des vautours fauves en vol, des marmottes et leurs sifflets, des iris sauvages d’un bleu éclatant. Les appareils pointent leur zoom et l’allure est touristique (l’effet du soleil, sans doute). Plus loin, pendant une pause, on suit aux jumelles un percnoptère, petit vautour à plumage blanc, suivant volontiers seul les autres vautours et se nourrissant de toutes sortes de détritus, d’excréments, y compris les siens : le recyclage comme si vous y étiez. Les égyptiens le représentaient sur leurs fresques.

 

La progression se fait tranquillement par le G.R.11 jusqu’au lac d’Estaens après traversée de lapiaz. Pique-nique et baignade : Lyne, une habituée du genre, pique une tête dans l’eau fraîche, bientôt suivie de Bruno. Christian voudrait bien mais ne peut point, relatif à l’état de ses talons. Quelques pieds font trempette. Enfin, le groupe s’échoue comme des baleines sur la roche ensoleillée... et c‘est bien agréable.

Le périple reprend en contournant le lac jusqu’au Pas d’Aspe. Beaucoup de randonneurs en famille. Vue sur la vallée d’Aspe et le Somport. Tiens, tiens, Jeannot nous promet un passage rigolo. Descente par une forêt, traversée d’une cascade, d’une pente et d’éboulis, voilà, voilà. Tout le monde s’en sort et entrée triomphale ou presque à Candanchu (Espagne), station déserte de sports d’hiver. Des difficultés à repérer le gîte : arrêt bière puis remontée vers le lieu de couchage, un grand établissement touristique. Anne a failli se perdre mais pour en finir, tout le monde se retrouve au gîte-déjeuner de Maylis. Il est tenue par une maîtresse-femme qui parle français et qui demande à ce qu’on arrive à l’heure : des enfants en colonie mangeront en deuxième service. Ambiance sympa et musicale avec des airs de Ismaïl lo, de Manu tchao, du groupe Ska-p…Repas à l’avenant avec soupe, ragoût et fruit. Retour au couchage vers 21 heures et dispersion rapide dans les chambres collectives.

 

BOITE DE THON AVEC VUE SUR L’OSSAU

Jeudi 18 juillet

Candanchu (1577 m) vers 8 heures 15, le groupe quitte le village avec le soleil pour emprunter un sentier de Compostelle et atteint ensuite le col du Somport (1632 m). Parcours sur bitume jusqu’à une autre station de sports d’hiver. Montée jusqu’au lac L'Ibon del Escalar (2078 m), peu profond en voie d’assèchement. Jeannot profite de cet arrêt dans l’herbe pour faire découvrir le réglisse sauvage, cette plante dont le rhizome (à extraire délicatement) a , après mastication, le goût de réglisse. Un husky venu de nulle part s’amuse à attraper les branches qu’on lui jette dans l’eau ; il nous accompagne un moment puis disparaît comme il était venu.

Arrive l’ascension test, occasion d’aborder la haute montagne, avec d’abord arrivée en procession au Col des moines (2168 m), puis, sans difficultés, le Pic des Moines (2349 m) toujours sous le soleil. 

Françoise entre en contemplation et elle a bien raison : magnifique panorama sur la chaîne des Pyrénées et, bien sûr, vue plongeante sur… le Pic du Midi d’Ossau par la face qui sera contournée pour l’exploit collectif de demain. La topette d’Albert circule, trinquation aux 2884 mètres qui nous attendent. A l’issue du pique-nique, reste, faute d’instrument adéquat, une boite de thon à ouvrir. Qu’on se le dise !

Descente par la crête, passage devant le lac Bersau, puis arrivée tranquille au lac Ayous. Le Midi d’Ossau, façade ensoleillée, hypnotise tous les regards. Séance photographique. Patrick, grand style, s’en vient du refuge avec un plateau de boissons fraîches. Le groupe s’installe dans l’herbe devant le lac. Vision champêtre : des chevaux envahissent la prairie et viennent boire dans le lac, Lyne se baigne.

La course se poursuit gentiment en longeant d’autres lacs et un sentier de forêt pour atteindre le lac de Bious-Artigues, lieu touristique apparemment fréquenté où les ravitailleurs annoncent que le bivouac, faute d’autre lieu, se fera en camping (avec douche, avis aux amateurs !)…

Outre l’étalage (bien voyant, demandez à nos voisins campeurs !) des tentes, des divers ustensiles personnels et l’emballage à la double-peau de pieds entamés, le groupe trouve vite des occupations sexuées : épilation pour les filles, pétanque pour les garçons. L’inverse n’a pas été envisagé, sauf pour quelques-unes qui avaient les boules… Pastis ou moscatel et la soirée se termine par un magnifique taboulé préparé de mains de maître par qui vous savez.

 

ON A LE JUS ET ON A LA PECHE

Vendredi 19 juillet

Aujourd’hui, grande journée, peut-être qu’on pavoisera ce soir : on sent le Midi d’Ossau qui trône derrière la forêt. Pour l’instant, l’heure est aux préparatifs matinaux, tout le monde s’affaire. Silence et concentration… La colonne quitte le camping à 7 heures 30 et prend au pas de montagnard un sentier.

Arrêt dans une prairie : à l’orée de la forêt, à 200 mètres de nous, on aperçoit des isards qui se reposent. Reprise de la montée dans la concentration et le silence jusqu’au Col de Suzon (2127 m) où nous retrouvons Michel, le guide de haute montagne. 

Il est 9 heures 45, nous venons de grimper 900 mètres de dénivelé et l’aventure commence. Michel nous explique les différentes voies d’escalade possibles du Midi d’Ossau et précise que nous prendrons des cheminées qui ne présentent pas de difficultés techniques. Sous le soleil et avec les grands sacs, le groupe approche des barres rocheuses. Quelques données techniques et c’est le moment de l’escalade sans être encordés…

Beaucoup d’application et le passage des cheminées se fait lentement avec des grimpeurs aux pieds agiles et d’autres aux jambes moins aériennes. Chacun avec soi-même, escalade, contre-escalade, trouver les prises et les appuis, ne pas faire de grandes enjambées, se détacher de la paroi pour progresser. A un moment, Christian aime tellement la paroi qu’il s’y trouve collé, bloqué. Michel vient à la rescousse et ça passe… quand même. 

Problème sérieux pour Patrick qui, ayant dû rattraper son sac à bout de bras dans un passage difficile, s’est abîmé l’épaule.

Arrivée triomphale au sommet, nous dévorons le panorama ensoleillé : cadeau ! et on laisse nos pensées s’imprégner de la chaîne des Pyrénées : le Palas , le Balaïtous, le Midi de Bigorre, l’Anéto, le Mont Perdu et bien d’autres.

Albert a monté une bouteille de rouge pour fêter l’événement. Pique-nique avec en final une spécialité : des pêches qui ont, cahin-caha, pas trop mal supporté l’escalade mais en prime un excellent jus de pêche (merci Francis d’avoir proposé de mettre les fruits rouges dans deux pochettes plastiques) qui sera récupéré et bu.

Descente par la même voie mais en s’appuyant sur les bras et en regardant vers le bas. A certains moments, émotion garantie. Comme dit le pendu, la corde servira et tout le monde arrivera. Patrick, stoïque, a tenu le coup, il sera obligé de terminer la journée avec le bras en écharpe.

Retour au Col de Suzon, puis traversée de la Grande Raillère de Pombie. Arrêt rafraîchissement au refuge, Lyne pique un plongeon dans le lac en contre-bas. Descente de 1500 mètres par le vallon de Pombie. Pause hydratation devant une bergerie en compagnie d’ânes, si doux marchant le long des houx dixit le poète Francis James. 

Avant d’arriver au bivouac, nous rencontrons un berger qui monte aux alpages avec un âne bâté. Eric vient à notre rencontre et nous nous installons au bord du Gave d’Ossau sur la rive opposée au Parc National. Repas arrosé d’un Jurançon de choix versé avec style par Eric, le tout dans la bonne humeur et le souvenir des exploits du jour.

 

Texte : Christian / Photos : Françoise et Jeannot

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